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Comprendre
Paul, 24 ans, agriculteur bio
Par Perrine Mouterde | 12/02/2009
![]() Ce matin, Paul s’est levé tôt. Trois fois par semaine, il vient à Beyrouth livrer ses produits à la société Healthy Basket. Des légumes, certifiés bio, qu’il cultive depuis plusieurs années à Byblos : à 24 ans, Paul gère une petite exploitation de 10000 m2. Une dizaine de serres avec laitues, tomates, aubergines, radis, choux-fleurs, pommes de terre… « Lorsque j’ai terminé ma licence technique d’agronomie à Batroun, mon père m’a proposé de travailler avec lui. Ça m’a plu », explique Paul. Son père, Kamil, possède également une exploitation dans la Békaa. Il est l’un des premiers à s’être mis au bio, il y a déjà 10 ans. « Tout le monde préfère manger des aliments bio ! s’exclame Paul. C’est meilleur pour la nature, pour la terre, les animaux, meilleur pour la santé… et aussi un peu pour les revenus. »
Avec son exploitation, Paul gagne plus de 2000 dollars par mois. C’est bien mieux que beaucoup de ses amis. « Les jeunes Libanais n’aiment pas travailler la terre, ils préfèrent le business, l’informatique. Moi j’adore ça, mais c’est un métier difficile. » Et encore plus lorsque l’on fait le choix du bio : pour obtenir la certification d’abord, il a fallu attendre trois ans. « Nous avons dû choisir un terrain éloigné de toute autre exploitation, pour que le vent ou la terre n’amènent pas des produits sur nos cultures », explique Paul. Chaque semaine des ingénieurs viennent prélever des échantillons, pour contrôler la qualité. L’exploitation demande plus de travail humain, plus de suivi. « Quand il y a des insectes par exemple, il est plus compliqué de les tuer. Il faut utiliser des produits organiques qui coûtent plus cher et agissent plus lentement. Mais avec les produits normaux, les agriculteurs tuent tout, les insectes nocifs comme les non nocifs. Dans nos engrais, il y a 2 % d’azote, 2 % de phosphate et 2 % de potasse, ce sont les trois nutriments dont les plantes ont besoin. Nous utilisons les déchets des chèvres ou des vaches. Dans les engrais non bio, ces taux grimpent à 15 %. » Il faut aussi laisser reposer régulièrement la terre. Résultat, la productivité est plus faible et les produits bios plus chers. Outre Healthy Basket, Paul fournit la société BioCoop et a aussi une quinzaine de clients réguliers, qui viennent s’approvisionner directement dans ses serres. Bientôt, il aimerait agrandir son exploitation pour avoir aussi des œufs, du lait, des poulets et lancer son propre marché. Retour à l'article principal Réagissez à cet article ![]() Attendez, s'il vous plaît...
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