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Qu’il est bon de manger bio !
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Par Perrine Mouterde | 12/02/2009


Sciences - environnement Beau, bon, naturel, sans pesticides… Il en faut plus pour être « bio » ! Au-delà du phénomène de mode, l’agriculture
biologique est un système de production alternatif global, qui répond à des standards très stricts.

Faire de l’agriculture bio, c’est d’abord adhérer à des principes : reconnaître que notre santé est directement dépendante de ce que l’on mange, et donc de la bonne santé de la terre ; respecter les écosystèmes naturels, la biodiversité et plus largement l’environnement ; produire de façon responsable… Pour mettre en pratique ces idées, les producteurs obéissent à un ensemble de règles. Il leur est par exemple interdit d’utiliser des engrais ou pesticides de synthèse, ou tout autre produit génétiquement modifié.

 

Certification et sciences
« Le bio n’est pas un adjectif ! insiste Kamal Mouzawak, du Souk el-Tayeb. C’est une certification décernée par un bureau reconnu internationalement. » Au Liban existent deux organismes : la branche locale de l’italien IMC et LibanCert, première société libanaise de certification, fondée en 2005. Très encadré, le bio est aussi un processus scientifique poussé. Si cette agriculture fonctionne en imitant les cycles écologiques naturels, il a fallu comprendre leur fonctionnement pour réussir à les reproduire, pour mettre en place des techniques innovantes pour lutter contre les parasites ou améliorer la connaissance des sols.
Ici, les premiers efforts pour développer le secteur datent du milieu des années 90, sous l’impulsion notamment de l’AUB. Un réseau de petits producteurs se met alors en place et l’Université américaine crée l’une des premières entreprises éthiques, Healthy Basket. Celle-ci récupère les produits de producteurs locaux et les redistribue sous forme de « paniers bio ». Le Souk el Tayeb est lancé à l’été 2004.
Mais d'abord, pourquoi manger bio ? Au niveau du consommateur, la certification permet avant tout de lui redonner un certain contrôle sur ce qu’il consomme. « Il n’existe au Liban quasiment aucun mécanisme de surveillance des produits alimentaires, explique Rami Zurayk, professeur à la Faculté d’agriculture et de sciences de l’environnement à l’AUB. Avec le bio, le consommateur a des garanties. C’est par exemple le seul moyen pour être sûr de ne pas manger d’OGM, les organismes génétiquement modifiés. »


Bon pour la planète
Pour les producteurs, les bénéfices sont plus difficiles à évaluer. Seul un nombre restreint d’agriculteurs y trouve une vraie plus-value, grâce notamment à certaines subventions. Le coût de production reste trop élevé pour que les producteurs puissent se lancer dans l’export et le marché local trop limité pour que de nombreux petits producteurs puissent prospérer.
Pour l’environnement en revanche, aucun doute : le bio est bon pour la planète. Il permet la conservation des nappes phréatiques, des sols, la séquestration des carbones dans la terre…
Pourtant, si l’agriculture biologique continue à se développer à l’échelle mondiale, elle reste très limitée au Liban : moins d’une centaine de producteurs actifs, quelques centaines de clients... En cause ? Le prix des produits notamment, en moyenne 25% plus chers que les autres. « La situation environnementale est tellement dramatique ! s'alarme Rami Zurayk. Le gouvernement devrait subventionner cette agriculture et déclarer le Liban « pays bio », au lieu de laisser le secteur agricole dépérir. »
Aujourd’hui, les acteurs parient sur l’éducation et la sensibilisation, notamment auprès des publics jeunes, dans les écoles et les universités. « Il faut que les enfants prennent conscience très tôt de l’importance de préserver l’environnement, espère Rami Zurayk. Pour qu’ils puissent ensuite éduquer leurs parents… »



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