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Moyen Orient et Monde - Initiative de paix

Valls essaie de convaincre Israël en « ami »

Le Premier ministre français a estimé que la colonisation des territoires palestiniens devait cesser.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, déposant des fleurs sur les lieux où a été assassiné Yitzhak Rabin. Jack Guez/AFP

Le Premier ministre français Manuel Valls a multiplié hier les gages d'amitié envers Israël, assurant qu'une initiative de Paris pour la paix avec les Palestiniens était dans l'intérêt israélien.
M. Valls a entamé un délicat déplacement de trois jours en Israël et dans les territoires palestiniens.
Inauguration d'une centrale solaire construite par EDF Énergies Nouvelles près d'Ashdod, rencontre avec des startups françaises à Tel-Aviv, allocution devant des étudiants français et israéliens francophones... M. Valls a souligné que tous les aspects de sa visite étaient « importants ».
Dans les faits, elle était largement dominée par le projet français de réunir une conférence internationale pour relancer l'effort de paix, moribond depuis l'échec de la dernière initiative américaine en 2014. Le soutien palestinien est acquis. En revanche, M. Valls devrait faire face à une opposition maintes fois exprimée quand il rencontrera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aujourd'hui.
Il y a une semaine, M. Netanyahu a mis en doute devant le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault « l'impartialité française », en brandissant le vote par Paris d'une décision de l'Unesco qui a provoqué la colère israélienne. Devant la vigueur des objections, M. Valls a insisté sur le fait qu'il venait en « ami » et a assuré que la France n'avait pas de parti pris parce que la paix est « dans l'intérêt de tous », Israéliens comme Palestiniens. « Le chemin est étroit », a-t-il admis dans le quotidien palestinien al-Ayam, et les Français sont « lucides, déterminés et modestes ».
Répondant à l'une des inquiétudes israéliennes, il a, comme M. Ayrault avant lui, pris ses distances avec les déclarations faites en janvier par l'ancien chef de la diplomatie Laurent Fabius, selon lesquelles la France reconnaîtrait l'État palestinien en cas d'échec de l'initiative. « Dire aujourd'hui quand nous reconnaîtrons l'État palestinien, c'est acter par avance l'échec de notre initiative », a affirmé M. Valls.

L'antisémitisme, « combat d'une vie »
Il a par ailleurs assuré qu'il ne s'agissait « en aucun cas d'imposer quoi que ce soit » et qu'au bout du compte, même avec une conférence internationale, ce serait aux Israéliens et aux Palestiniens de négocier la paix.
Devant les étudiants à Tel-Aviv, il a condamné tout boycott d'Israël. « Au fond, derrière ce boycott nous savons bien ce qu'il y a : non seulement la contestation, mais aussi la détestation de l'État d'Israël, la détestation d'un foyer juif, et donc des juifs dans leur ensemble », a-t-il dit, répétant, cette fois en Israël, des positions souvent affirmées. « Quand on s'attaque aux juifs, on s'attaque bien sûr à la France et on s'attaque à la civilisation », a-t-il dit, sous les applaudissements. Le combat contre l'antisémitisme est « le combat d'une vie », la sienne, a-t-il dit. Cependant, « entre deux pays amis, il faut de la franchise », a-t-il déclaré aux journalistes. En tant qu'« ami d'Israël », il peut dire « avec encore plus de franchise : oui, la colonisation doit cesser » dans les territoires palestiniens occupés.
La France cherchera à poser les bases d'une conférence internationale lors d'une réunion ministérielle, le 3 juin, en présence des grandes puissances et des principaux pays et organisations concernés, mais sans les Israéliens et les Palestiniens. L'objectif est ensuite de réunir la conférence proprement dite avec les deux parties, à l'automne. Les derniers soubresauts de la politique intérieure israélienne incitent plus que jamais à la prudence : M. Valls se trouve en Israël au moment où M. Netanyahu semble en passe de faire entrer dans son gouvernement l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, figure détestée des Palestiniens. L'arrivée à la tête du ministère-clé de la Défense de M. Lieberman, qui a accusé le gouvernement de manquer de fermeté face aux violences palestiniennes et qui prône de nouvelles colonies en Cisjordanie occupée, cimenterait le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël, selon des commentateurs. M. Netanyahu a assuré que son gouvernement élargi continuera à « aspirer » à la paix. M. Valls a conféré une dimension mémorielle à son voyage. Il a déposé des fleurs hier à Tel-Aviv sur les lieux où a été assassiné Yitzhak Rabin, artisan des accords d'Oslo, et s'arrêtera demain à Ramallah au mausolée de Yasser Arafat, autre signataire. Il se recueillera aujourd'hui à Jérusalem sur les tombes des victimes juives d'attentats en France.
(Source : AFP)

Le Premier ministre français Manuel Valls a multiplié hier les gages d'amitié envers Israël, assurant qu'une initiative de Paris pour la paix avec les Palestiniens était dans l'intérêt israélien.M. Valls a entamé un délicat déplacement de trois jours en Israël et dans les territoires palestiniens.Inauguration d'une centrale solaire construite par EDF Énergies Nouvelles près...

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