Vendredi 18 Avril 2014

Dans l'air

Un message contre un massage !

Objets et histoire
14/06/2013
Le massage a été employé pour soigner tout au long de l’histoire. Il y a un instinct naturel dans le fait de frotter un point endolori ou une douleur pour se sentir mieux, et les différentes cultures partout dans le monde s’en sont inspirées pour développer différents styles. La première référence écrite au massage figure dans le Nei Ching, le Classique de médecine de l’Empereur jaune (écrit environ en 2 700 av. J.-C. en Chine), qui décrit beaucoup de techniques et leur utilisation. Le mot massage tire son étymologie du mot grec : massein, et mass en arabe. Les médecins grecs et romains prescrivaient les massages après une bataille en raison de leur pouvoir reconstituant, et de manière plus générale pour l’entretien de la santé mentale et physique. On doit à Hippocrate le code médical de l’éthique connu sous le nom de « serment d’Hippocrate ». Mais il a également écrit sur les effets du massage, déclarant qu’un médecin se devait d’être compétent dans beaucoup de choses, mais qu’il devait l’être assurément en « frottement ». Le contact stimule le cerveau pour produire des endorphines, les conducteurs et les filtres naturels de l’humeur et de la douleur. Les études prouvent que le massage augmente notre fonction immunitaire et abaisse le niveau de nos hormones de stress. Il est en outre indispensable à toute activité sportive. C’est un savoir-faire aux effets multiples : supprimer le stress, revigorer la peau, tonifier et détendre le corps et l’esprit, et... rendre service a l’humanité !
Steven Spielberg avait réalisé un film, resté dans les mémoires, La Liste de Schindler, qui évoquait l’exploit d’Oskar Schindler, ce courageux héros autrichien qui avait réussi à sortir des griffes nazies 800 hommes et 300 femmes, lesquels, grâce à lui, ont échappé à l’extermination qui les attendait dans le camp de concentration de Birkenau. Sauf qu’un autre juste est allé bien plus loin : le docteur Félix Kersten, estonien, russe d’origine allemande, devenu citoyen finlandais, s’était découvert une passion pour le massage thérapeutique, s’initiant à celui-ci pendant 2 ans puis poursuivant ses études de thérapie manuelle à Berlin, avant de rencontrer en 1922 un Tibétain, le docteur Kô, lequel, après lui avoir enseigné pendant 3 ans une forme très évoluée de massage tibétain, lui avait laissé sa clientèle avant de retourner au pays. La réputation de Kersten allant grandissant, il se trouva confronté à un choix cornélien : accepter ou pas de soigner Heinrich Himmler, l’un des hommes choisis par Hitler pour appliquer la « solution finale ». Choix difficile pour Kersten, antinazi convaincu. Il va finalement accepter de soigner le chef nazi, lequel est régulièrement terrassé par de lancinantes douleurs abdominales. Le sens du mot « manipulation » prendra ainsi tout son sens, puisque ce masseur arrivera à manipuler psychologiquement son patient. Pendant six ans, seul et à demi-prisonnier, profitant de la maladie de Himmler, il monnaye ses soins contre la libération de dizaines de milliers de prisonniers et les sauve de la mort. Il réussit ainsi à convaincre Himmler, malgré les ordres de Hitler, de ne pas déporter 3 millions de Hollandais en Pologne. En 1945, il sauve 2 700 juifs des chambres à gaz. La même année, Hitler ordonne de faire sauter les camps de concentration si une armée ennemie s’en approche ; cela aurait tué la grande majorité des 800 000 internés qui s’y trouveraient encore. Kersten intervient auprès de Himmler et négocia un extraordinaire accord, un « contrat au nom de l’humanité », dans lequel il est écrit : « Les camps de concentration ne seront pas dynamités. Le drapeau blanc flottera à l’entrée de ceux-ci. On n’exécutera plus un seul juif. La Suède pourra envoyer des colis individuels aux prisonniers juifs. »
La médiation de Kersten a été d’autant plus difficile que Folke Bernadotte, comte suédois, scout et neveu du roi de Suède de son État, avait tenté dans son livre, La Fin, de s’attribuer la paternité des actions de Kersten. Bernadotte ira jusqu’à menacer Kersten de le faire expulser de Suède au cas où il aurait le culot de le contester. Et Il a fallu 10 ans aux experts et autres historiens pour faire admettre la véracité des actions de Félix Kersten, alors qu’au préalable, il avait été accusé de complicité avec le 3e Reich. En 1950, il reçut l’insigne de grand officier de l’ordre d’Orange-Nassau des mains du prince Bernhardt des Pays-Bas, et la France lui attribuera la Légion d’honneur. Par contre, il n’obtiendra jamais le prix Nobel de la paix pour lequel il avait été nominé plusieurs fois. Il a finalement quitté ce bas monde en 1960, après avoir été enfin reconnu « Juste des nations ».

Sources principales :
holocaust-history.com
massagemag.com
historia.fr
planete-libertes.info
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