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Économie - États-Unis

Donald Trump décline son choc ultralibéral pour l’économie américaine

Dans son programme économique dévoilé hier, le candidat républicain promet notamment des baisses massives d'impôts et un gel des réglementations fédérales.

Lors d’un discours au club économique de Detroit, le candidat républicain à la Maison-Blanche, Donald Trump, a notamment proposé une suppression de l’impôt sur les successions, que les républicains ont baptisé « impôt sur la mort ». Bill Pugliano/AFP

Pour enrayer sa chute dans les sondages, le candidat républicain à la Maison-Blanche, Donald Trump, a déplacé hier le débat sur l'économie en proposant des mesures chocs, dans un domaine où il estime Hillary Clinton vulnérable.

Lors d'un discours au club économique de Detroit, capitale de l'industrie automobile américaine, l'homme d'affaires a proposé un moratoire sur toute nouvelle réglementation et une baisse généralisée des impôts, dépeignant les huit années de la présidence de Barack Obama comme un poids pour les entrepreneurs. « La ville de Detroit est l'exemple vivant de l'échec de la politique économique de mon adversaire », a-t-il déclaré, dans une intervention interrompue à de nombreuses reprises par des manifestants.

Le milliardaire a également renouvelé sa dénonciation des traités de libre-échange. « Hillary Clinton a soutenu les accords commerciaux qui ont fait perdre à cette ville et à ce pays leurs emplois et leurs richesses », a déclaré Donald Trump, en citant le traité signé par Bill Clinton en 1993 avec le Mexique et le Canada.
Une autre proposition populaire est de rendre fiscalement déductible la totalité des frais de garde d'enfants, ce qui profiterait principalement aux ménages imposables, et non aux plus modestes.

M. Trump tente de tourner la page après une dizaine de jours de polémiques continues : sur la Russie, contre les parents d'un militaire américain musulman mort au combat et contre plusieurs ténors de son propre parti.
Hillary Clinton, dopée par sa convention d'investiture, a pris le large dans les sondages. Elle recueille 47,5 % des intentions de vote contre 40,5 % pour Donald Trump.

Le programme économique de ce dernier inclut aussi des mesures phares du camp conservateur, comme la suppression de l'impôt sur les successions, que les républicains ont baptisé « impôt sur la mort » et qui concerne aujourd'hui les successions supérieures à 5 millions de dollars.

 

 

(Pour mémoire : Trump, la success story d'un collectionneur de faillites)

 

Révolution fiscale critiquée
En septembre dernier, Donald Trump avait proposé de réduire de sept à quatre le nombre de tranches du barème de l'impôt fédéral sur le revenu, abaissant le taux maximal de 39,6 % à 25 %. Lundi, il a proposé trois tranches. Et il est favorable à une très forte réduction de l'impôt sur les sociétés, de 35 % à 15 %.

Son projet de révolution fiscale est critiqué par plusieurs économistes. Le Tax Policy Center a estimé en décembre dernier qu'il aggraverait la dette publique de 9 500 milliards de dollars sur la prochaine décennie.
Une étude très citée par Hillary Clinton, réalisée par l'ancien conseiller économique de John McCain, Mark Zandi, pour la société Moody's, estime que les réformes économiques conduiraient à la disparition de 3,4 millions d'emplois sous la présidence de M. Trump et à une récession économique, alors que la trajectoire actuelle prévoit 6 millions d'emplois créés. Les démocrates ont également ironisé sur l'équipe de 13 conseillers économiques dévoilée par Donald Trump vendredi. Elle inclut plusieurs milliardaires, banquiers et gestionnaires de fonds d'investissements, mais très peu d'économistes.

L'économie reste l'une des préoccupations majeures des électeurs et, sur ce terrain, ils font confiance dans des proportions équivalentes à chacun des deux candidats, selon le dernier sondage du Washington Post, paru dimanche.
Mais Donald Trump recueille la confiance de 58 % des Blancs, contre 37 % pour Hillary Clinton. C'est cet électorat, principalement les hommes blancs avec peu ou pas de qualifications, que la démocrate tente de rapatrier dans le camp démocrate. Elle a sillonné la semaine dernière la « rust belt » (« la ceinture de la rouille »), épicentre de la désindustrialisation dans la Pennsylvanie et l'Ohio. Et elle décrira jeudi dans le Michigan son propre projet de relance des investissements publics.

 

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